Reportage Producteur : LES TISANES DE LEILA

Chez Leïla, la culture des fleurs est une histoire qui se vit en famille. Leïla nous accueille avec son petit âgé de 15 jours. Et plus loin, haute comme trois pommes, sa grande sœur s’affaire autour des jeunes plants.

Après un cursus universitaire, Leïla a fait l’école d’herboristerie à Montpellier. Au début, elle nous confie que c’était tâtonnant car elle n’est pas issue du monde agricole. Le fait de ne pas savoir, lui a permis de tester des choses qu’elle n’aurait pas testées autrement. C’est en 2011 que Leïla achète sa terre à Brain. Après de longues années à avoir pratiqué uniquement la cueillette sauvage.

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Justement, on cueille où et on cueille quoi ?

Sur ses terres, Leïla compte une quarantaine de variétés de plantes aromatiques et médicinales. Ce sont surtout des fleurs annuelles. Puis le cassis, le thym, la sauge et la sarriette, plantes à rotation longue, qui restent 5 ou 6 ans en place. Il y a aussi l’aubépine, le frêne ou le sureau,…ça représente environ 30% de la production. En plus des arbres qui sont sur ses terres, Leïla va cueillir ailleurs. Pour la labellisation elle indique sur une carte IGN où est faite la cueillette ; l’organisme de contrôle valide le label.

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De la cueillette au séchage !

Pour les fleurs, seuls les beaux pétales sont récoltés. La couleur vive des fleurs nous surprend et Leïla nous explique que les couleurs foncent au séchage. Une fois les fleurs ou les feuilles cueillies, elles sont posées sur des claies (ou clayettes) pour être séchées. Les clayettes sont aérées et secouées tous les jours. Pour faciliter le séchage Leïla utilise un déshumidificateur. La durée du séchage peut aller de 1 jour à  1 semaine…ca dépend des plantes. Le souci est la plante qui demande le plus de temps, au moins une semaine…elle porte bien son nom !

La majorité des cueillettes se fait d’avril à juin. « En juillet on est en pause cueillette, ça permet de se mettre à jour du sarclage* de septembre à novembre on fait des deuxième et troisième coupes» nous explique Leïla.

Et l’hiver alors ?

Tout s’arrête aux premières gelées…c’est le moment du bilan. « Je produits environ 100 à 150kg annuel. En fin de saison, les producteurs de la CAB (coordination biologique) s’appellent et on fait une bourse d’échanges de nos plantes. J’ai chaque année une très belle production de vigne rouge dont j’échange une partie avec une productrice de Bretagne à Crozon qui fait de la bruyère.» nous précise Leïla.

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C’est quoi la bonne recette pour faire une tisane ?

Pour Leïla, l’herboristerie c’est très proche de la cuisine de chez nous. Chacun a sa façon de couper ses oignons et cuire ses pommes de terre mais au final tout est bon. C’est ca aussi qu’aiment les consommateurs. Ils aiment bien les tisanes de Leila mais aussi les tisanes de Marie ou les tisanes de Sophie…  « Et moi aussi, j’aime bien aller boire les tisanes de mes collègues. C’est une histoire de goût et de tradition…de comment ta mère faisait…c’est du gustatif. Je préfère que les gens prennent du plaisir à se faire une petite tisane du soir plutôt que de se dire qu’il faut prendre telle ou telle tisane pour bien digérer.».

Pour faire une bonne infusion,

Comptez une petite poignée de plantes fraîches ou une cuillerée à soupe de plantes séchées pour une tasse.

  • Faites infuser les plantes pendant environ 10 minutes dans de l’eau bouillante dans une casserole ou une théière.
  • Filtrez.
  • Sucrez avec du miel si vous le souhaitez.