Au royaume de l’endive chez Bertrand et Martine !

Au GAEC Landreau de Saint-Macaire en Mauges (59 km), la culture de légumes est une histoire de famille. Bertrand nous raconte : « c’est notre père qui a commencé la production de l’endive en 1978. Quand je me suis installé avec lui en 1984, on vendait principalement à des grossistes. Et quand Martine nous a rejoint sur l’exploitation, au moment de la retraite de mon père, nous  avons développé la vente directe ».

L’endive, une culture 100% artificielle

Si on laisse l’endive pousser dans la nature, elle fait des feuilles (qui ressemblent à une chicorée verte et amère) puis une hampe florale pour faire ses graines. On commence à comprendre : si on
laisse la racine en terre, on n’obtiendra jamais d’endives ! Pour faire une endive, il faut semer la graine en plein champs et récolter ensuite la racine, mais attention ce n’est que le début de l’histoire. Cette étape, le GAEC Landreau la confie à des producteurs ayant des surfaces agricoles suffisantes. Devant nos regards impressionnés par la quantité de racines qui viennent d’arriver,  Martine nous explique : « L’endive c’est notre activité principale. On réceptionne environ 15 camions de racines que nous ferons pousser pour qu’elles deviennent des endives ». Et là, il n’y a pas une minute à perdre ! « On a deux heures pour les mettre en palox et les stocker en frigo à 1°C pour qu’elles soient refroidies à coeur, le plus vite possible, et bloquer ainsi leur croissance » rajoute  Martine qui nous emmène vers trois grandes chambres froides. Là encore, nous sommes impressionnés car elles sont très hautes. Quand les racines sortent de la chambre froide, elles passent un
casting sur la chaîne de calibrage. Les grandes sont rangées, bien serrées, dans des grands bacs en plastique. Les petites racines sont mises de côté pour en faire des petites endives.

Endives  Racines endives Soupe d endives

La magie de la nuit

Là, Bertrand prend le relais de la visite : « Ici, au GAEC Landreau, on a fait le choix de la culture Hydroponique, qui est le mode de culture d’endives le plus courant (95 à 96% de producteurs  utilisent cette méthode) ». Le mot Hydroponie provient du grec « hydro » (eau) et « ponos » (travail), autrement dit « le travail par l’eau ». En pratique, les racines, sont rangées debout dans des bacs où l’eau circule en permanence grâce à un système de pompage qui permet un fonctionnement en circuit fermé. Bertrand nous emmène ensuite dans les entrepôts où les racines sont stockées, c’est ce qu’on appelle « le forçage ». Là encore c’est impressionnant, toutes ces caisses empilées les unes au dessus des autres. Dans cet entrepôt, Bertrand régule le chaud et le froid aidé par la plante qui  dégage de la chaleur. Il n’y a pas de lumière, alors Bertrand nous éclaire à la lampe de poche… On a l’impression de découvrir un trésor ! Ce sont des petites endives qui se forment au dessus de la racine. Martine nous explique : « ce qui donne la forme à l’endive, c’est que les racines sont toutes serrées les unes contre les autres, donc avec peu d’espace pour s’ouvrir et c’est surtout le manque de lumière qui les oblige à redresser la tête pour pousser ».

 

Au bout de 3 semaines, l’endive, arrivée à maturité, est envoyée sur une chaîne de « récolte » où on va la séparer de sa racine et la  conditionner en cagette ou en sachet, à destination de la vente ou de la transformation. D’ailleurs, Bertrand et Martine, nous montrent fièrement leurs nouveaux produits : les soupes d’Augustine  (leur grand-mère) dont celle d’endives. Elle est bien appétissante cette soupe, sans aucun additif ni matière grasse, avec des légumes cuits à la vapeur ! Pour finir notre visite au Gaec Landreau,  nous partons à travers champs pour découvrir les autres légumes de la ferme…mais ça, c’est une autre histoire.