Les pommes du verger de Treillères

C’est par un jeudi ensoleillé de juin que nous visitons Les Vergers de Treillères (12 km). Ici, c’est une histoire de famille qui a commencé avec Gilbert et sa femme, Aline, en 1984 avec la plantation de 2 hectares de pommiers. Leur goût pour l’agriculture, mais aussi pour l’entreprenariat, les ont décidé à commercialiser eux-mêmes leur production. L’histoire de famille ne s’arrête pas là puisque leur fille Sonia et son beau-frère Benjamin ont rejoint la belle aventure, qui aujourd’hui s’étend sur 15 hectares de pommiers et 2 hectares de poiriers.

Un petit tour dans le verger..

Autour de nous, des rangées de pommiers chargés de pommes mais pas trop non plus. Gilbert nous explique qu’en juin, c’est le moment de l’éclaircissage. Ça consiste à enlever les pommes en surnombre de manière à ce que celles qui restent grossissent plus soient de meilleure qualité et avec un meilleur taux de sucre. « Ils ont du boulot les éclaircisseurs car ce matin, nous avons compté environ 200 à 260 pommes par arbre, il faut en laisser 160 à 170 » nous explique Sonia.

Après la récolte, en hiver, on fait la taille. Et c’est ainsi qu’on supprime toutes les branches qui montent droit pour favoriser celles qui descendent. Ensuite, le poids des pommes accentue la forme de l’arbre. L’arbre doit être maîtrisé pour fortifier les branches et aussi faciliter la récolte manuelle qui commence fin juillet.

Des co-locataires dans le verger…

En levant notre bout du nez, nous découvrons des nichoirs à mésanges, puis plus loin, encore plus surprenant, un hôtel à chauve-souris. Les mésanges mangent les insectes nuisibles (laves de carpocapse), les chauves souris, elles, travaillent la nuit. « C’est les 2×8 » plaisante Sonia. En début de saison, on prévient les invasions de carpocapses en utilisant des diffuseurs d’hormones. Tous les 6 mètres, d’avril à la cueillette, les diffuseurs dégagent des hormones femelles. Le mâle, perturbé par autant d’hormones libérées, ne peut pas s’accoupler et donc, pas de larves ni de ver dans la pomme… c’est une méthode tout-à-fait naturelle.

Sur une feuille, on voit des pucerons verts. « Ceux-là ne sont pas embêtants car ils sont mangés par les coccinelles et les fourmis. Il y en a suffisamment pour les manger » nous explique Gilbert.

Depuis un an, les vergers de Treillères sont labellisés Verger Ecoresponsable. Cela les engage à favoriser la biodiversité en verger, privilégier des méthodes de lutte biologique, raisonner les interventions en verger, récolter les pommes à la main à maturité optimale, garantir la traçabilité du verger au point de vente, faire contrôler le respect de ces bonnes pratiques par un organisme externe et indépendant. Cette labellisation se situe entre l’agriculture raisonnée et l’agriculture biologique.

Quand les pommes se font belles !

Nous poursuivons notre visite, guidés par Benjamin, dans le bâtiment appelé « station » pour découvrir le chemin des pommes après la récolte. Dès leur arrivée, les pommes sont invitées à prendre un bain, puis elles sont brossées et séchées. Une fois pomponnées, elles sont pesées et orientées sur différents tapis en fonction de leur taille et poids. C’est ce qu’on appelle le calibrage. Avec délicatesse, les pommes sont déposées dans des palox (grandes caisses de bois ou plastique) et partent se rafraîchir en chambre froide à air contrôlé. Pour bien comprendre le principe, il faut savoir que la pomme respire de l’oxygène et rejette du gaz carbonique, tout comme nous ! Pour ralentir sa maturité, il suffit de diminuer le pourcentage d’oxygène dans la chambre et d’évacuer du gaz carbonique. C’est grâce à ce procédé naturel que les pommes se conservent presque d’une année à l’autre sans ajout de produit de conservation. Ça c’est une bonne découverte !