Les Ruchers du Morvan

C’est par une belle matinée que nous arrivons dans le Morvan à Château-Chinon (490 km) après avoir profité de ses superbes paysages. Nous sommes accueillis par Bruno, salarié de longue date du rucher. Voilà 40 ans que Jean-Jacques et Dominique Coppin se sont lancés dans l’apiculture. C’est aujourd’hui, 1 000 ruches que possède l’apiculteur, contre 140 à ses débuts et 600, il y a 20 ans. Une évolution qui a été poussée par l’arrivée d’un parasite, le varroa, tique de l’abeille, il affaiblit les abeilles, celles-ci deviennent plus fragiles et donc moins résistantes aux maladies. Chaque année, c’est 20 % de mortalité due au varroa, il est la première cause de mortalité des abeilles. C’est ce qui a poussé Jean-Jacques à avoir plus de ruches pour produire une quantité de miel presque identique à celle d’il y a 20 ans.

 

Qui se cache dans la ruche ?

C’est comme un grand immeuble où se trouve un essaim composé d’une reine, de plusieurs mâles et de nombreuses ouvrières. Dans une ruche il fait 34°C. Ce sont les abeilles qui régulent la  température avec leurs ailes. Il y a aussi plusieurs étages, les abeilles remplissent d’abord le premier pour elles, pour nourrir les larves. Puis elles remplissent les autres étages, pour nous. Les abeilles sillonnent à environ 1,5 km autour des ruches. Les abeilles travaillent en permanence, ce sont les butineuses et elles sont là pour nourrir la ruche. Chaque abeille à sa mission, certaines arrivent les poches pleines de pollen, d’autres de nectar et d’autres encore de propolis. Comme nous, les abeilles surveillent la météo en permanence. Quand il y a un vent du Nord dès le matin, les fleurs ne produisent pas de nectar, alors les abeilles ne sortent pas. Quand il pleut dès le matin, les fleurs sont lavées, alors les abeilles savent que ce n’est pas la peine de sortir se mouiller les ailes pour rien !

 

Le miel de la ruche au pot

Les cadres sont extraits des étages supérieurs de la ruche. Dans un premier temps, il faudra enlever la couche de cire qui ferme les alvéoles avec le miel dedans. Ensuite les cadres sont mis dans un extracteur qui extrait le miel par force centrifuge, le miel sera ensuite stocké en fûts.

Au Morvan, on est fier de vous proposer ce bon miel transparent. Mais avant cela, il doit rester sagement dans des fûts à l’abri de la lumière. Avant la mise en pot, le miel est monté en température à environ 40°C pendant 3 jours, pour casser la cristallisation, sans en altérer les vitamines. Il est ensuite filtré, puis nos apiculteurs le laissent décanter afin que les bulles d’air et autres particules, notamment la cire, remontent naturellement à la surface du fût. Ensuite, la surface du fût est enlevée pour obtenir un miel homogène et transparent. Enfin, le miel est mis en pot manuellement. Le miel peut se garder en pots des années, mais comme vous avez déjà dû l’observer dans vos placards, il cristallise, plus ou moins rapidement en fonction de la variété. Cette cristallisation n’est absolument pas un signe de détérioration, la teneur en sucre (contenue naturellement dans le miel), en eau et la température en sont les principales causes, c’est un processus naturel. Les Ruchers du Morvan se sont spécialisés dans la fabrication de pain d’épices, un pain d’épices bourguignon, et oui les recettes diffèrent en fonction des régions. Ici les épices principales sont la muscade, la cannelle et l’anis étoilé. La particularité de leur pains d’épices, c’est qu’ils sont composés à 70 % de miel, ce qui les rend fondants et crémeux.

Bruno nous conseille de manger simplement le pain d’épices, en tranche avec de la crème anglaise.