Les Bières L’Eurélienne

Ce matin nous avons rendez-vous avec Vincent de la microbrasserie de Chandres à Sours (307 km) dans l’Eure-et-Loir. Mais finalement, c’est Alain, son papa, qui nous accueille. Car figurez-vous que si Vincent n’est pas là, c’est pour la bonne cause, cette nuit la famille vient de s’agrandir pour la deuxième fois ! Et la microbrasserie, justement c’est une histoire de famille. Tout d’abord, il y a les parents, Alain et Blandine puis deux fils Vincent et Anthony. Chacun a son rôle, Alain cultive les céréales, Vincent et Anthony sont à la microbrasserie et Blandine à l’administratif et la vente. Depuis janvier, il y a aussi une petite nouvelle adoptée par la famille, Mathilde pour la communication.

La microbrasserie c’est venu un peu par hasard, une histoire de rencontres entre Vincent et un agriculteur dans la Meuse, puis avec des brasseurs et un consultant de Lannion. Après il ne restait plus qu’à convaincre les parents « au début, on était septiques, la bière en Eure-et-Loir, ce n’est pas le truc qu’on voit le plus et puis on est parti dans l’aventure avec Vincent » nous avoue Alain.
La production a commencé en octobre 2005. Depuis, entraînés par l’augmentation de la demande, Vincent et sa famille ont investit régulièrement. Aujourd’hui, la microbrasserie possède 7 fermenteurs pour un potentiel de 400 000 litres par an… Whaouh ! ça fait combien de verres de bières ?

  

Pour la bière, comme en gastonomie, c’est une question de recette !

Même si chaque bière contient 4 éléments indispensables, c’est l’originalité et l’harmonie qui guident Vincent lors de ses créations jusqu’à atteindre la perfection. L’eau est le premier élément. « On a la chance d’être sur la commune de Sours (qui vient de source) avec une nappe intarissable et la même qualité d’eau tout au long de l’année. C’est important pour la régularité de la bière.» précise Alain.

Le malt à 90% issu de l’orge cultivé à la ferme est travaillé dans une malterie pour la germination et le touraillage (sèchage) qui donnent l’arôme et la couleur. Pour mieux comprendre, Alain nous montre différents malts : « le plus clair c’est le pilsen ou l’orge blond puis on monte en couleur, caramel pour finir au chocolat pour les bières rousse et brune. » Les houblons, variétés françaises d’Alsace, ont un rôle important car ils donnent l’amertume. Dans toutes les bières il y a au minimum deux sortes d’houblons. Les levures, sélectionnées par Vincent, sont naturelles. Et là commence tout l’art d’un mélange au bon moment, de montée et descente en température, de surveillance et surtout de patience. Lorsqu’une recette est commencée, Vincent ne s’arrête plus, il faut aller jusqu’à l’embouteillage où c’est Anthony qui prend le relai. Quelle journée !

Mais pourquoi le nom de L’Eurélienne ?

C’est le nom des habitants de l’Eure, « Eureliens et Eureliennes ». Pour l’étiquette, c’est la plaine de Beauce et la cathédrale de Chartres. « Puis on a modernisé avec un couple qui marche dans la plaine, c’est mon épouse et moi bien sûr» plaisante Alain. Nous découvrons même une petite nouveauté, le logo sur la capsule… chouette idée pour les collectionneurs !

« Alors voilà c’est notre entreprise » conclut Alain, des étoiles dans les yeux pleins de fierté de l’audace et de la ténacité de ses fils.